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Que faire lorsque l'on ne réussit pas du premier coup : pourquoi faut-il savoir expérimenter

  • Publié il y a 1 an
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Lorsqu'un projet est voué à l'échec, il vaut mieux y mettre un terme le plus vite possible. C'est en tout cas ce que pensent la plupart des chefs d'entreprises et des cadres dirigeants. Bien qu'en apparence tout à fait raisonnable, ce principe risque, s'il est appliqué trop systématiquement, d'empêcher les entreprises d'acquérir une expérience et des informations précieuses, qu'elles auraient pu utiliser pour affiner leur stratégie, en particulier dans les domaines techniques tels que celui des technologies de l'information.

Pour les services des Technologies de l’information (TI), il est parfaitement sensé de tester de nouvelles technologies avant d'envisager leur déploiement dans toute l'entreprise. En mettant une nouvelle technologie à l'épreuve du terrain, les responsables des TI peuvent répondre à toute une série de questions concrètes qui, sans cela, ne pourraient pas être résolues. Quelles sont les innovations dont l'entreprise pourra tirer le plus d'avantages en termes d'exploitation ? Quelle technologie permet d'optimiser au maximum l'expérience de l'utilisateur ? Une entreprise qui cherche à accroître sa productivité doit nécessairement répondre à ces questions.

Cette stratégie ne fonctionne que si elle s'inscrit dans le long terme, le plus difficile, bien souvent, étant de convaincre la direction et le personnel d'accepter les risques qui vont de pair avec l'expérimentation de nouvelles technologies. Les dirigeants sont naturellement opposés à tout ce qui peut gêner le bon fonctionnement de l'entreprise et la plupart des directeurs d'exploitation privilégient la stabilité de l'exploitation et la fiabilité des résultats plutôt que le fait de tester de nouveaux processus. Quant aux employés, ils sont à l'aise avec les processus en place et il leur est difficile de les pousser à abandonner une certaine sécurité et de les convaincre que le changement peut être quelque chose de positif.

Quoique compréhensibles, ces attitudes ralentissent l'introduction de changements et entravent la volonté d'innovation dans le domaine des TI. Pour les DSI, le meilleur moyen de réformer le fonctionnement interne de l'entreprise est d'influencer la vision que l'entreprise a du changement. Pour y parvenir, il doit obtenir l'adhésion des décisionnaires et de ses collègues concernant toute nouvelle solution, dont les solutions expérimentales. La première chose à faire est d'entretenir des relations avec les personnes qui ont de l'influence en interne. Pour faire approuver une idée de génie, il faut d'abord convaincre un membre du conseil d'administration ou le directeur d'exploitation de l'intérêt de cette idée. Quelle que soit la nature de la proposition, nous sommes généralement plus réceptifs aux suggestions lorsque l'on ne nous présente pas l'idée de but en blanc.

Le meilleur moyen dont dispose un DSI pour convaincre une entreprise de valider un projet qui lui tient à cœur est d'impliquer toute l'équipe dans cette initiative. Au lieu de tester de nouvelles technologies dans le secret de leurs laboratoires, les DSI devraient inciter le reste de l'entreprise à participer dès le début.

La deuxième démarche à accomplir est donc d'impliquer le personnel dans le processus de test à un stade précoce. Lorsqu'un DSI cherche à impliquer le reste de l'entreprise dans un projet qui lui tient à cœur, il doit être conscient du fait qu'il n'obtiendra pas l'adhésion espérée s'il ne donne pas aux autres la possibilité de bien comprendre de quoi il retourne. En leur donnant le temps de se familiariser avec une nouvelle technologie avant de procéder à son déploiement officiel, le responsable des TI permet aux membres du personnel de constater par eux-mêmes les avantages qu'elle présente. Pour un DSI, il s'agit du moyen le plus simple de faire reconnaître l'intérêt d'un projet qui le passionne, car les opinions positives émises par les employés seront beaucoup plus convaincantes que n'importe quel tableau ou graphique.

Enfin, la troisième étape consiste à traiter chaque expérience menée comme une leçon dont l'entreprise peut tirer des enseignements. Tester de nouvelles technologies en vase clos ne permettra pas nécessairement d'obtenir les informations recherchées. En demandant aux employés de tester une nouvelle technologie, on s'engage dans un processus plus long, mais plus susceptible de produire des informations que l'entreprise pourra utiliser concernant de possibles améliorations.

L'expérimentation de nouvelles technologies est une opportunité énorme pour les entreprises mais elle s'accompagne d'un risque : la possibilité d'un échec doit fatalement être envisagée. Lorsqu'ils échouent, les responsables des TI doivent tirer toutes les conclusions de l'expérience et, en bons entrepreneurs, passer à autre chose, tout en sachant qu'avant de trouver une nouvelle solution adaptée, ils rencontreront peut-être encore d'autres échecs.


[Références]
https://enterprisersproject.com/article/2015/3/3-ways-cios-can-embrace-disruptive-technologies-without-ignoring-legacy-it
http://blogs.wsj.com/cio/2012/11/30/cios-must-embrace-risk-to-achieve-greater-innovation/