Qu'est-ce qui vous incite à prendre une photo ?
« Il peut s'agir d'un sentiment personnel, d'une émotion que je ressens ou d'un sentiment partagé. Mon travail à la place Tahrir et en Égypte en général en est le parfait exemple. À mon arrivée, je me posais énormément de questions sur mon identité et sur ma place dans la société. J'avais le sentiment de devoir réaffirmer mon identité. Je suis donc descendue dans les rues, à la recherche d'émotions qui exprimaient ce sentiment. »
Savez-vous sur quoi portera un projet avant de commencer à travailler dessus ou évolue-t-il progressivement ?
« Il évolue vraiment progressivement. Je sais toujours pourquoi je fais un projet, mais l'idée globale n'est pas vraiment fixée, elle évolue au fur et à mesure de mon travail. Toutefois, je commence toujours par choisir les titres, car ces derniers me renvoient toujours à ce que je raconte et à la raison pour laquelle j'ai commencé le projet. »
Parmi vos projets, lequel vous tient le plus à cœur ?
« Ils me parlent tous, chacun à leur façon, car ils sont liés à mes origines. Toutefois, je pense que "In the Shadow of the Pyramids" est celui que je choisirais, en partie parce que je suis égyptienne, en partie à cause du moment historique qu'il représente et parce que j'en ai été témoin. C'est également le projet qui a fait de moi une photographe. C'est à ce projet que les gens pensent lorsqu'ils pensent à moi. »
Est-il difficile pour de jeunes artistes de se démarquer dans un monde concurrentiel ?
« C'est une situation très concurrentielle et très difficile. Ce métier demande beaucoup d'engagement et n'est pas avantageux sur le plan financier. Il s'agit de vous créer une vie où vous faites quelque chose qui vous passionne. Toutefois, il y a désormais davantage d'opportunités qu'à mes débuts, que ce soit en termes de subventions, d'aides financières et de plateformes sur lesquelles vous pouvez interagir avec des personnes et élargir votre public. »