Qu'avez-vous appris en couvrant des catastrophes naturelles, telles que les ravages du tremblement de terre d'Izmir et la sécheresse à Istanbul ?
Il nous appartient de réduire les dégâts que les catastrophes naturelles causent à la vie humaine. Si les mesures nécessaires sont prises, nous n'avons pas à payer le prix fort. Pour moi, la photographie est un outil qui peut créer une conscience sociale et aider au changement. Les photos que j'ai prises après le tremblement de terre d'Izmir en 2020 et la dernière sécheresse à Istanbul ont encore plus sensibilisé les gens à ces évènements et m'ont aidé à mieux comprendre mon environnement.
Comment choisissez-vous la meilleure perspective lorsque vous photographiez des lieux noirs de monde tels que les manifestations ?
Istanbul est l'une des meilleures villes pour acquérir de l'expérience dans ce domaine : il y a sans cesse des manifestations, qu'elles soient petites ou grandes. Tout d'abord, je dois me renseigner sur la manifestation, savoir si elle est autorisée par le gouvernement et qui l'a organisée, afin de pouvoir déterminer où je dois me situer. Un autre élément important à prendre en compte est le comportement des manifestants. Si c'est un lieu noir de monde, je m'assois sur une colline élevée, dans le sens contraire du mouvement. Si je ne trouve pas de colline à escalader, je marche au milieu des gens. Les endroits où le mouvement et le son sont les plus intenses offrent des images plus puissantes mais c'est plus simple de photographier en restant en périphérie.
Comment l'éthique photojournalistique influence-t-elle votre manière de photographier et de modifier vos images ?
J'essaye d'apprendre à connaitre et de comprendre les gens que je photographie. Je ne me sens pas à l'aise lorsque j'ai l'impression de les importuner ou de les inquiéter ; dans l'idéal, je veux d'abord être accepté. Je modifie mes images de façon à ne pas transformer le sujet.